salle Jean de Ockeghem, Tours

jeudi 17 mars 2011

programme

Jean-Sébastien Bach / Suite pour violoncelle n°1 en sol majeur (1726-2011) / 18 min.

Zoltan Kodaly / Sonate pour violoncelle seul op. 8 (1915) – 1er mouvement / 9 min.

Salvatore Sciarrino / Ai limiti della notte (1979) / 5 min.

Soizic Lebrat / Bleu solo (2010) / vidéo de Yan Breuleux / 20 min.

musiciennes

Soizic Lebrat, violoncelle, dispositif électro-acoustique / Anne-Laure Py, violoncelle

Bleu solo (photos Alexandre de la Foye)

 

le violoncelle et la métamorphose

« des pensées musicales neuves avec un moyen nouveau et en même temps le plus simple possible, comme l’est celui du violoncelle solo » (Bela Bartok)

L’ensemble PTYX continue d’explorer les ressources infinies des instruments à cordes, dans les mains des compositeurs d’hier et d’aujourd’hui.

Autour d’un même instrument, le violoncelle, se retrouvent deux jeunes artistes, deux femmes qui l’instant d’un concert font dialoguer leur parcours respectif autour de quatre moments.

Fruit d’un travail de résidence à la Chapelle Sainte-Anne (Tours - La Riche), la nouvelle interprétation d’un monument de la littérature pour violoncelle sera un temps fort de création. La première Suite pour violoncelle seul de Jean-Sébastien Bach devient l’objet de transformations en temps réel, opérées à l’aide d’un dispositif électro-acoustique. La machine interfère dans notre perception du connu et s’impose comme un filtre – tantôt discret, tantôt opaque – de notre mémoire de l’œuvre. L’interaction entre les deux violoncellistes, l’une avec son instrument, l’autre sans, devient l’enjeu d’une nouvelle lecture où l’expérience précède l’invention.

La Sonate pour violoncelle seul de Zoltan Kodaly occupe une place prépondérante dans le répertoire pour violoncelle seul. Publiée en 1921, elle s’impose très vite comme une pièce incontournable pour les violoncellistes, et ce malgré son extrême difficulté technique. Tout au long du 20e siècle, elle deviendra une source féconde pour les compositeurs qui cherchent à sortir de l’univers classique propre à l’instrument. Kodaly délivre une véritable création en puisant dans la tradition populaire hongroise, en la transformant en un nouveau matériau, en la confrontant avec les possibilités techniques et expressives du violoncelle.

A l’origine écrit pour alto seul, Ai limiti della notte a été transcrit pour violoncelle en 2000 par le compositeur italien Salvatore Sciarrino. La frontière entre la nuit et du jour est le lieu idéal pour interroger la limite entre la note et le son ; Sciarrino, expert de la mutation poétique, nous entraîne dans un monde presque inaudible sinon inouï, prolongement conscient et consciencieux des voies ouvertes par ses prédécesseurs, Luigi Nono et Giacinto Scelsi. Cette œuvre s’applique à explorer, dans une grande variété de nuances, le passage infime entre une note et son harmonique. En résulte une immersion mystérieuse dans un phénomène acoustique…

Bleu solo

Bleu solo est une pièce-performance pour violoncelle qui s'inscrit dans une recherche sonore « monophone », empruntant aux musiques de drones et à la transe. La pièce est construite sur l'intervalle entre le fa # et le sol à partir des propriétés de ces deux notes, seules ou combinées auxquelles s'ajoutent des notes ou sons variant qui sont déduits des propriétés des deux notes originelles (harmoniques notamment) mais aussi du geste instrumental qui les fait sonner (par une production de "bruits").
J’ai amorcé ce travail au cours de mon précédent album solo sortie en décembre 2009 (Cinq esquisses bleu solo du dedans, petit Label) et je l’ai prolongé par le biais d’une collaboration avec le vidéaste montréalais Yan Breuleux, dont l’une des pièces vidéo a porté sur le « monochrome bleu » (hommage à Yves Klein).
Nous étions tous deux intéressés pour confronter nos matières respectives en temps réel, et souhaitions réinterroger les interactions de l’une à l’autre, et favoriser l’émergence d’un renouvellement de nos perceptions visuelles et auditives. J’ai choisi l’immersion, à la fois dans le cadre de l’image, et sous le faisceau de lumière, explorant l’influence de la rythmicité des flashs induits par la vidéo sur mon rythme de développement musical. 
Tendre vers cet état, où la musique donne à voir, et la vidéo, à entendre.

Soizic Lebrat

Yan Breuleux se spécialise dans le domaine de l’animation vidéo expérimentale pour des dispositifs immersifs. Depuis une dizaine d’année, il collabore avec des musiciens et compositeurs pour la création de pièces multi-écrans, panoramiques et hémisphériques. Ses œuvres ont été diffusées aux festivals Transmediale à Berlin (1999, 2004), ISEA à Paris (2000) et Japon (2002), Dissonanze (2003) à Rome, Lille (2004), Scopitone, Nantes (2009). Ses projets en ligne ont été présentés au Musée du Québec, de Rimouski et au New Museum of Contemporary art of New York. Suite au projet Black Box, un dispositif immersif sur quatre écrans, il assumé la co-conception et la direction artistique du projet de vidéo panoramique Ars Natura pour les Museums Nature de la ville de Montréal et la Société des Arts Technologiques.

http://www.ybx.ca

 

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