salle Jean de Ockeghem, Tours

9 décembre 2010

 

programme

Heinrich Ignaz Franz von Biber / Passacaille en sol mineur  / ca 1674 / violon ** / 7 min  

Wolfgang Amadeus Mozart / Duo en si bémol majeur K. 424 / 1783 / violon **, alto / 15 min

Giacinto Scelsi / L’âme ailée / 1973 / violon ** / 5 min

Jean-Baptiste Apéré / ... à cache-cache / 2002 / violon *, alto, informatique musicale, lumières / 23 min

musiciens

Géraldine Bisi, violon * / Pierre Malle, violon ** / Anthony Chéneau, alto / Jean-Baptiste Apéré, informatique musicale

 

Pierre Malle (photo Kupris)

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le violon et le double (notes de programme)

à cache-cache

Réunion de 2 musiciens, 2 poètes et 2 techniciens, … à cache-cache est un jeu scénique où chacun s’épie, se répond, se surprend. A travers un parcours sonore qui convoque plusieurs styles musicaux (baroque, classique et contemporain), le public est invité à se perdre, à perdre son confort de simple spectateur pour devenir lui-même un acteur et converser avec les interprètes.

Commande du Festival européen Jeunes Talents, … à cache-cache a été composé par Jean-Baptiste Apéré (né en 1974) et créé le 21 juillet 2002 à l’Hôtel de Soubise, Paris. C’est dans cet hôtel particulier que se tenait au 18e siècle le « Concert des Amateurs », auquel assista probablement Mozart, lors de ses voyages à Paris. … à cache-cache adoptait le principe d’une « re-création », puisque l’œuvre contemporaine s’inspirait d’un duo de Mozart pour violon et alto. La date très particulière de la création (33e anniversaire du premier pas sur la lune) ne fut pas sans quelque influence sur le déroulement même du spectacle…

Sous une forme enveloppante de « divertissement », le contexte est posé comme matière explicite du dispositif :
- 2 musiciens en discussion, dans un jeu de miroir, de « double » et de répétitions
- 2 compositeurs en conversation, hors-temps
- les voix de 2 poètes qui renouent avec la tradition de la correspondance épistolaire
- 2 techniciens (son/lumière) qui interfèrent la matière musicale par des techniques empruntées au monde « moderne » (échantillonnage des extraits des premiers mots d’Armstrong sur la lune, traitement du son en temps réel, projections d’ombres et de lumières…)

Au milieu de l’œuvre, l’altiste interrompt la violoniste en citant la phrase troublante de Bruno Maderna :

« Aujourd’hui nous allons sur la lune, mais nous ne pouvons ignorer Platon ».

 

de la note, du son

En contrepoint à cette partition contemporaine centrée sur le son et les multiples modes de jeu du violon, les œuvres de Biber (1644-1704) et Mozart (1756-1791) sont un témoignage exemplaire d’un travail sur la note, en tant que référent d’un système codifié, qui en apparence se soucie peu du timbre de restitution.

Les deux pièces développent une écriture « classique » sous deux aspects différents :
- en solo, avec les variations contrapuntiques autour d’un motif descendant dans la Passacaille de Biber
- en duo avec un jeu sur les formes, l’imitation et les tensions harmoniques chez Mozart.

Giacinto Scelsi (1905-1988) sera une figure récurrente dans la programmation de la saison. Son œuvre, unique, presque isolée de ses contemporains, fait fi de concessions pour en revenir à une sorte d’origine du son. Très marqué par la pensée orientale, Scelsi trouve dans les instruments à cordes frottées un médium idéal pour investir des recherches sur l’infiniment petit, incitant l’interprète comme l’auditeur à une écoute nouvelle du phénomène sonore.

La création de cette « œuvre-concert » a été donnée par la violoniste Saori Furukawa (à qui l’œuvre est dédiée) et l’altiste Olivier Bartissol. Elle a eu lieu le 22 juillet 2002 à l’Hôtel de Rohan (Archives Nationales, Paris).

Il s’agira le 9 décembre 2010, de la 3e reprise de l’œuvre, par de nouveaux interprètes.

 

.... à cache-cache, extrait du concert donné à Nantes en 2002

(violon : Saori Furukawa / traitement sonore : Christophe Lollier / images : Aurélie Coptère)