salle Jean de Ockeghem, Tours

jeudi 5 mai 2011

programme

Giacinto Scelsi / Okanagon ( 1968) / contrebasse, harpe, tam-tam / 10 min.

Vincenzo Bellini / “Malinconia, ninfa gentile” (1829) / contrebasse, harpe / 2 min.

Edith Canat de Chizy / Danse de l’aube (1998) / contrebasse / 8 min.

Georges Crumb / Madrigals Book III (1969) / soprano, harpe, percussion / 8 min.

Joëlle Léandre / Taxi (1982) / contrebasse / 4 min.

George Aperghis / Récitation (1978) / voix / 4 min.

Giacinto Scelsi / Hyxos (1955) / flûte alto, gongs, cowbell / 10 min.

Mathieu Nantois / Gaspard de la Nuit (2007) / soprano, clarinette, contrebasse / 5 min.

 

musiciens

Mathieu Nantois, contrebasse

Jean-Baptiste Apéré, clarinette, direction / Anne-Laure Bernard, percussions / Philippe Carrillo, harpe / Guillaume Coussy, flûte / Emilie Tillier, soprano

 

 

"De violon, l’homme en vieillissant devient violoncelle, puis contrebasse: un corps épais, une voix grave et pas grand-chose à dire" ( Gilbert Cesbron).

Giacinto Scelsi et les mythologies
Giacinto Scelsi (1905 – 1988) appartenait à une famille de vielle noblesse d’Italie méridionale. Après une bonne formation académique à Rome, il a étudié un temps auprès d’un élève de Schönberg à Vienne, et est devenu ainsi le premier Italien, dès 1936, à écrire de la musique dodécaphonique. Son oeuvre composée pour des instruments traditionnels, la voix humaine, les cordes, des instruments à vent, est une exploration du son proche à cer­tains égards de la musique concrète. Nombre d’œuvres de Scelsi portent des titres emprun­tés à des cultures lointaines tant dans l’espace que dans le temps.

Okanagon (1968), pièce surtout rythmique pour harpe, tam-tam et contrebasse est considérée « comme un rite, ou, si l’on veut, comme le battement de coeur de la terre », selon Scelsi. Hyxos (1955) est une pièce pour flûte alto, gong et cloche de vache. Son titre énigmatique, Hyxos, évoque l’Egypte ancienne et un peuple asiatique qui a envahi la vallée du Nil dans la lointaine antiquité.

Vincenzo Bellini (1801 – 1835) est un compositeur de musique romantique né à Catane (Sicile). Bellini est un fantastique auteur de mélodies, ses harmonies et orchestrations sont très simples, mais il excelle dans l’expression des sentiments tendres et mélancoliques. Malinconia, ninfa gentile (1829) avec sa mélodie délectable reste une des plus belles pièces du répertoire italien, et encore un accompagnement fluide pour une douce mélancolie, et des couleurs harmoniques.
« Mélancolie, aimable nymphe,
Je voue ma vie à toi ;
Qui méprise tes plaisirs
N’est pas né pour les plaisirs vrais...»

Compositrice française née à Lyon le 26 mars 1950, Edith Canat de Chizy est la première femme à entrer à l’Institut de France en tant que compositeur, cette violoniste de formation a axé une grande partie de son travail sur la couleur musicale des instruments à cordes, dans des pièces d’inspiration volontiers religieuse. Danse de l’aube (1998) reprend le thème du combat de Jacob contre l’ange tel qu’il est narré dans la Ge­nèse, avec ce corps à corps littéral et métaphorique du contrebassiste avec son volumineux instrument.

George Crumb (né le 24 octobre 1929 à Charleston) est un compositeur américain de mu­sique contemporaine. Il reçoit en 1968 le Prix Pulitzer en musique. Il est le lauréat 2001 des Grammy Awards. George Crumb a composé quatre livres de madrigaux sur des textes de Federico Garcia Lorca. Ces quatre recueils contiennent chacun trois madrigaux dont la partie vocale est tou­jours tenue par une soprano. Le troisième madrigal (lent, tendrement) est une berceuse basée sur une petite phrase au rythme très souple (joué par les deux instrumentistes et la chanteuse, avec différents décalages) interrompue au milieu par une section très agitée où toutes les valeurs sont extrêmement précipitées. Cette berceuse sera reprise à la fin, laissant la voix s’éteindre seule, dans un mouvement extrêmement doux.
Madrigals : Book III (1969)
I. La nuit chante nue sur les ponts de mars
II. Je veux dormir du sommeil des pommes pour apprendre un chant qui me lave de la terre
III. Berceuse, enfant, berceuse du grand cheval qui refusait l’eau. Endors-toi, rosier, le cheval va pleurer. Les pattes blessées, les crins gelés, et dans ses yeux un poignard d’argent.

Georges Aperghis, d’origine grecque, s’oriente d’abord vers la peinture puis vient en France se consacrer à la musique dans les années 1960. Autodidacte, il se différencie des compositeurs traditionnels par une approche concrète, vivante et éloignée des spéculations théoriques des oeuvres écrites. Les 14 Récitations datent de 1978, et constituent la référence la plus connue d’Aperghis. Chaque Récitation est un minuscule théâtre à soi seul. On joue sur la langue, sur son bruissement. C’est de l’humanité, plus généralement, dont parle le compositeur.

Joëlle Léandre (née le 12 septembre 1951 à Aix-en-Provence) est une contrebassiste française de musique contemporaine, de musique improvisée et de jazz. Elle a obtenu un premier prix de contrebasse au Conservatoire national supérieur de musique de Paris. Elle a beaucoup écrit pour la danse, le théâtre, et réalisé plusieurs performances multidisciplinaires. Taxi (1982) de Joëlle Léandre est dotée d’un texte dont l’idée générale s’apparente directement à la contrebasse. La contrebasse constitue un support visuel, une illustration des propos récités par l’interprète. Contrebasse et voix peuvent s’associer simultanément sans que leurs timbres respectifs soient altérés.

Méconnu de ses contemporains - mais défendu par Hugo et Baudelaire -, Aloysius Bertrand est l'auteur d'une seule oeuvre, Gaspard de la nuit. Choisis et mis en musique par Mathieu Nantois, dans une alternance de passages chantés et récités, ces poèmes ou petits contes fantaisistes évoquent des personnages fantasques et romantiques comme le nain Scarbo, Ondine, ou encore un maçon. www.myspace.com/triorictus